le fils de l'homme rené magritte

Le Fils de l’Homme de Magritte, 1964 🍏

Le Fils de l’homme est certainement l’une de ses toiles les plus Ă©nigmatiques et encore aujourd’hui, on s’interroge sur le sens de cette peinture. À travers son Ɠuvre, le maĂźtre du surrĂ©alisme RenĂ© Magritte n’a cessĂ© d’étonner, de dĂ©router et de faire rĂ©flĂ©chir. Mondialement cĂ©lĂšbre, sujet Ă  des milliers de dĂ©tournements publicitaires et artistiques, ce tableau a encore aujourd’hui de quoi vous surprendre.

I – RenĂ© Magritte, figure majeure du surrĂ©alisme

RenĂ© Magritte, maĂźtre du surrĂ©alisme Belge 🇧đŸ‡Ș nĂ© en 1898, se passionna dĂšs l’enfance pour la bande-dessinĂ©e. Il commença Ă  peindre Ă  l’adolescence : il avait alors un style plutĂŽt tournĂ© vers l’impressionnisme. En 1915, RenĂ© Magritte quitta Charleroi pour Bruxelles, oĂč il rencontra des artistes cubistes qui lui permirent d’élargir ses horizons artistiques. Dans les annĂ©es 1920, il fit Ă©galement la connaissance du groupe de peintres surrĂ©alistes belges « Correspondance ». Il dĂ©couvrit alors le mouvement dada en art, et le surrĂ©alisme en peinture.

Cette dĂ©couverte fut pour RenĂ© Magritte une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation. L’artiste emmĂ©nagea Ă  Paris en 1927. Au sein de la capitale française, il rencontra les plus grands artistes surrĂ©alistes de son Ă©poque, notamment AndrĂ© Breton, Paul Eluard et Salvador Dali. Il se forgea son propre style et participa Ă  des exposiions qui l’aidĂšrent Ă  se faire un nom sur la scĂšne artistique surrĂ©aliste. C’est notamment durant cette pĂ©riode qu’il peignit la toile qui deviendra son chef-d’Ɠuvre le plus cĂ©lĂšbre : La Trahison des images, aussi appelĂ©e « Ceci n’est pas une pipe ».

En 1929, alors que l’Europe Ă©tait plongĂ©e en pleine crise Ă©conomique, RenĂ© Magritte quitta Paris pour revenir Ă  Bruxelles, oĂč il exerça le mĂ©tier de dessinateur publicitaire en parallĂšle de sa carriĂšre de peintre.

Au cours de sa vie de peintre, RenĂ© Magritte adopta Ă©galement d’autres styles : il revint Ă  l’impressionnisme durant la Seconde Guerre Mondiale et en 1948, il peignit des Ɠuvres destinĂ©es Ă  choquer l’aristocratie parisienne, avec force couleurs vives et traits grossiers.

Dans les annĂ©es 1950, il entama un projet qui l’aida Ă  enfin accĂ©der Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© : il peignit huit panneaux imposants pour le Grand Casino Knokke en Belgique. En 1964, il rĂ©alisa un autre chef-d’Ɠuvre aujourd’hui mondialement connu : Le Fils de l’homme. Atteint d’un cancer, l’artiste s’éteignit trois ans plus tard, laissant derriĂšre lui une Ɠuvre phĂ©nomĂ©nale comprenant plus de 2000 toiles au total.

Bien qu’il ait tardĂ© de son vivant Ă  devenir un artiste cĂ©lĂšbre et reconnu, RenĂ© Magritte est aujourd’hui considĂ©rĂ© comme l’un des meilleurs peintres surrĂ©alistes de tous les temps. Ses Ɠuvres sont uniques et reconnaissables entre mille. Le peintre belge avait la particularitĂ© d’aimer jouer avec les symboles, les limites du rĂ©el, l’absurde.

Dans son Ɠuvre, RenĂ© Magritte s’interrogeait aussi sur la dĂ©finition mĂȘme de la peinture. Qu’est-ce que le rĂ©el ? Qu’est-ce que la reprĂ©sentation du rĂ©el ? Quelle est la limite entre l’objet et sa reprĂ©sentation ? Ce sont autant de questions auxquels il tenta de rĂ©pondre Ă  travers sa peinture, rĂ©alisant ainsi des Ɠuvres originales, mystĂ©rieuses et intrigantes. Le Fils de l’homme en est un des exemples les plus frappants. Cette toile est pleine de symboles, d’allusions et de dĂ©tails absurdes. Encore aujourd’hui, elle ne cesse d’intriguer et de faire parler d’elle, bien que l’original n’ait plus Ă©tĂ© vu dans le milieu public depuis des annĂ©es.

II – Le Fils de l’homme

le fils de l'homme rené magriitte
RenĂ© Magritte, Le Fils de l’Homme, peinture Ă  l’huile sur toile de 116 x 89 cm datant de 1964

1. Histoire de l’Ɠuvre

En 1963, Harry Torczyner, un trĂšs bon ami de RenĂ© Magritte, lui passa commande pour un autoportrait. Cependant, le peintre belge n’avait jamais Ă©tĂ© un grand amateur d’autoportraits, loin de lĂ . En effet, tout au long de sa carriĂšre, il ne cessa de critiquer ce genre : d’aprĂšs lui, ce n’était rien d’autre que l’expression du narcissisme du peintre. MalgrĂ© tout, il accepta la commande mais celle-ci lui donna du fil Ă  retordre. Dans des lettres Ă©crites par le peintre Ă  cette Ă©poque prĂ©cise, il disait avoir du mal Ă  peindre son autoportrait, des difficultĂ©s qu’il attribuait Ă  « un problĂšme de conscience ».

RenĂ© Magritte parvint tout de mĂȘme Ă  terminer et livrer le tableau en aoĂ»t 1964. Depuis cette date, Le Fils de l’homme est toujours restĂ© dans le domaine privĂ©. Aujourd’hui, il vous est donc impossible de voir l’original. En revanche, de nombreuses reproductions du tableau existent et celui-ci ne risque absolument pas de tomber dans l’oubli ! Le Fils de l’homme est une Ɠuvre marquante du XXĂšme siĂšcle et elle a inspirĂ© des gĂ©nĂ©rations entiĂšres d’artistes, de cinĂ©astes et de publicitaires. Si ce tableau vous est familier, c’est bien parce que vous l’avez dĂ©jĂ  vu Ă  maintes reprises sur le web ou sur une affiche publicitaire.

2. Description du tableau

La composition de l’Ɠuvre Le Fils de l’homme paraĂźt, de premier abord, trĂšs simple. On y voit un homme qui se tient debout au centre de l’image, vĂȘtu d’un costume noir et d’une cravate rouge. Il tient ses bras le long de son corps et il porte un chapeau melon, noir Ă©galement. DerriĂšre lui, on aperçoit un muret et, Ă  l’arriĂšre-plan, la mer ainsi qu’un ciel chargĂ© de nuages gris. Seul dĂ©tail surprenant : le visage de l’homme est dissimulĂ© par une pomme verte 🍏 surmontĂ©e d’une tige et de quatre feuilles, qui semble flotter dans les airs đŸŒŹâ˜ïž. Du visage de l’homme, on n’aperçoit que l’Ɠil gauche đŸ‘ïž.

3. Une Ɠuvre typiquement surrĂ©aliste

Lorsqu’il rencontra les artistes surrĂ©alistes parisiens en 1929, RenĂ© Magritte fut aussitĂŽt impressionnĂ© par leur vision de l’art. En effet, les surrĂ©alistes voulaient, Ă  travers leurs Ɠuvres, Ă©veiller la curiositĂ© du spectateur, le dĂ©stabiliser et l’amener Ă  s’interroger. D’oĂč les associations insolites, dans le surrĂ©alisme, de mots et d’objets. Cette thĂ©orie innovante influença fortement RenĂ© Magritte et le peintre trouva ainsi son propre style. Intriguer le spectateur, interroger les limites du rĂ©el et de la reprĂ©sentation, provoquer des questionnements par l’association de symboles qui Ă  priori n’ont rien Ă  voir entre eux : c’était cela qu’il voulait faire avec son art.

Le Fils de l’homme repose donc sur ce principe majeur du surrĂ©alisme. Le tableau est effectivement un autoportrait qui pourrait ĂȘtre tout Ă  fait rĂ©aliste et banal, si le visage de l’homme n’était pas entiĂšrement dissimulĂ© derriĂšre une pomme. Sur le reste de la toile, il n’y a pourtant aucune indication sur l’origine de la pomme ou la raison de sa prĂ©sence.

Encore plus Ă©trange : le tableau est peint dans un style rĂ©aliste, avec force dĂ©tails de textures et un contraste rĂ©ussi des ombres et des lumiĂšres. Mais la pomme, elle, n’a pourtant rien de rĂ©aliste ! Elle ne semble liĂ©e d’aucune maniĂšre au reste du tableau. Et pourtant, le peintre l’a bien mise en valeur, juste devant le regard de l’homme. Il est impossible de ne pas la voir et par consĂ©quent, impossible de ne pas se demander pourquoi elle a Ă©tĂ© peinte Ă  cet endroit prĂ©cis. RenĂ© Magritte a rĂ©ussi son pari : Le Fils de l’homme est une Ɠuvre indĂ©niablement surrĂ©aliste, mystĂ©rieuse, Ă©nigmatique, qui intrigue aussi bien qu’elle fait rĂ©flĂ©chir.

III – Analyse du tableau

Suite Ă  la publication de son Ɠuvre Le Fils de l’homme, RenĂ© Magritte donna quelques explications quant Ă  la prĂ©sence d’une pomme verte au beau milieu du tableau, juste devant le visage de l’homme. C’est la revue d’art La RĂ©volution surrĂ©aliste qui recueillit ses propos :

« Toute chose ne saurait exister sans son mystĂšre. C’est d’ailleurs le propre de l’esprit que de savoir qu’il y a le mystĂšre [
] Dans un tableau rĂ©cent, j’ai montrĂ© une pomme devant le visage d’un personnage [
] Il y a donc le visage apparent, la pomme qui cache le visage cachĂ©, le visage du personnage [
] Chaque chose que nous voyons en cache une autre , nous dĂ©sirons toujours voir ce qui est cachĂ© par ce que nous voyons. Il y a un intĂ©rĂȘt pour ce qui est cachĂ© et que le visible ne nous montre pas ».

Ainsi, dans son tableau Le Fils de l’homme (auquel il se rĂ©fĂšre ici), RenĂ© Magritte voulait Ă©veiller chez le spectateur le dĂ©sir de voir ce qu’il ne peut pas voir, mais simplement deviner. Encore une fois, son Ɠuvre appuie l’un de ses questionnements sur les limites entre le rĂ©el, la reprĂ©sentation du rĂ©el et la perception que l’on peut avoir du rĂ©el.

Le Fils de l’homme a beau ĂȘtre un tableau dont la composition est extrĂȘmement simple, il s’agit d’une Ɠuvre incroyablement intelligente, qui encore une fois amĂšne le spectateur Ă  rĂ©flĂ©chir. Et si l’on se penche encore plus sur cette Ɠuvre, on ne peut que noter certains dĂ©tails qui ont eux aussi leur importance.

1. Un personnage récurrent chez Magritte

On sait que RenĂ© Magritte dĂ©testait les autoportraits, c’est pourquoi certains spĂ©cialistes estiment que le peintre avait commencĂ© Le Fils de l’homme comme un autoportrait (conformĂ©ment Ă  la commande de son ami Harry Torczyner) mais que le rĂ©sultat final reprĂ©sente en fait un homme anonyme qui n’est pas l’artiste. En effet, il s’agit d’un personnage rĂ©current qui apparaĂźt dans de nombreuses Ɠuvres du peintre belge, notamment L’Homme au chapeau melon, Les MystĂšres de l’horizon, DĂ©calcomanie, Golconde ou encore Les RĂȘveries du promeneur solitaire. On retrouve Ă©galement sa silhouette dans L’heureux donateur. Ce personnage est devenu en quelque sorte la « griffe » de l’artiste : lorsqu’il apparaĂźt sur la toile, on reconnaĂźt instantanĂ©ment l’Ɠuvre comme un Magritte.

Cet homme est reconnaissable par son costume noir et son chapeau melon. Lorsqu’il est de face, il porte Ă©galement une cravate rouge.

Pourtant, l’hypothĂšse avancĂ©e par d’autres spĂ©cialistes, Ă©tablissant que cet homme est bel et bien l’autoportrait du peintre, est plus que plausible. En effet, RenĂ© Magritte s’habillait souvent de cette maniĂšre et selon les photographies d’archives qui ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es, il fut photographiĂ© dans ce costume Ă  plusieurs reprises, portant Ă©galement un chapeau melon. Cette figure rĂ©currente dans son ƒuvre pourrait donc tout Ă  fait ĂȘtre une reprĂ©sentation de lui-mĂȘme, comme elle pourrait ĂȘtre un tout autre personnage qui lui aurait Ă©tĂ© inspirĂ© par lui-mĂȘme.

S’il s’agit rĂ©ellement d’un autoportrait, RenĂ© Magritte, qui dĂ©testait ce genre, a pris le parti dans toutes ses Ɠuvres oĂč apparaissent cet homme (Ă  l’exception des MystĂšres de l’horizon) de cacher son visage. Les spĂ©cialistes s’interrogent sur ce qui a motivĂ© l’artiste Ă  le faire, mais l’explication la plus simple reste la suivante : si RenĂ© Magritte a choisi de cacher, Ă  chaque fois, le visage de son alter ego, c’était pour Ă©viter d’avoir Ă  peindre son propre visage. Ainsi, son personnage s’éloigne de l’autoportrait puisqu’il pourrait ĂȘtre une allĂ©gorie, ou n’importe quel homme de son Ă©poque, vĂȘtu d’un costume sombre et d’un chapeau melon.

Dans Le Fils de l’homme, ce personnage rĂ©current soulĂšve d’autres questionnements. Si l’on regarde bien, on remarque en effet que le coude gauche du personnage prĂ©sente un angle illogique. Il est tournĂ© vers le spectateur, comme si le bras tout entier, Ă  l’exception de la main, Ă©tait face Ă  la mer. RenĂ© Magritte n’a jamais donnĂ© d’explication Ă  ce dĂ©tail : peut-ĂȘtre Ă©tait-ce encore une tentative de dĂ©stabilisation du spectateur ou un moyen de l’amener Ă  s’interroger sur la rĂ©alitĂ© de l’image qu’il contemple ?

2. Le chapeau melon

Pour le spectateur, le chapeau melon permet avant tout de reconnaĂźtre l’alter ego du peintre, ce personnage rĂ©current dans son ƒuvre. Pour RenĂ© Magritte, il peut ĂȘtre un signe distinctif permettant de se reprĂ©senter lui-mĂȘme sans avoir Ă  peindre les traits de son propre visage. Ou bien, dans l’hypothĂšse oĂč cet homme n’est pas le peintre, il peut symboliser son anonymat. En effet, Ă  l’époque de RenĂ© Magritte, beaucoup d’hommes portaient le chapeau melon. Ce couvre-chef faisait partie d’un costume ordinaire. Ainsi, l’homme reprĂ©sentĂ© sur les tableaux de RenĂ© Magritte, avec son chapeau melon, pourrait ĂȘtre n’importe quel homme contemporain du peintre.

3. La pomme

Certains spĂ©cialistes affirment que la pomme peinte sur cette toile est une allusion au mythe d’Adam et Eve. Cette idĂ©e vient du titre de l’Ɠuvre, Le Fils de l’homme, qui se rĂ©fĂ©rerait Ă  l’expression « fils d’Adam ». Cependant, il ne faut pas nĂ©cessairement chercher dans le titre de l’Ɠuvre son explication. En effet, RenĂ© Magritte Ă©tait un peintre surrĂ©aliste. Or, les surrĂ©alistes avaient l’habitude de donner Ă  leurs Ɠuvres des titres en dĂ©calage avec leur contenu, justement pour dĂ©stabiliser le spectateur et pour affirmer leur dĂ©tachement vis-Ă -vis de toutes les rĂšgles classiques de l’art.

Le peintre belge disait lui-mĂȘme : « Les titres de tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des illustrations des titres ». Parfois mĂȘme, il laissait Ă  ses amis peintres la responsabilitĂ© de donner eux-mĂȘmes un titre Ă  ses propres Ɠuvres. Sachant cela, l’hypothĂšse de la rĂ©fĂ©rence biblique repose sur bien peu d’élĂ©ments.

De plus, lorsqu’on regarde l’Ɠuvre de RenĂ© Magritte dans son ensemble, on peut facilement se rendre compte que, Ă  l’instar du chapeau melon, la pomme est un objet qui apparaĂźt de maniĂšre rĂ©currente dans ses tableaux.

L’exemple le plus cĂ©lĂšbre est sans doute La Chambre d’écoute, une toile dans laquelle RenĂ© Magritte peignit une pomme qui semble gĂ©ante, puisqu’elle est posĂ©e Ă  l’intĂ©rieur d’une chambre oĂč elle prend tout l’espace, du sol au plafond, de la fenĂȘtre au mur opposĂ©. Mais l’on retrouve la pomme dans encore bien d’autres Ɠuvres du peintre surrĂ©aliste belge, notamment La Parole donnĂ©e, Le Beau Monde ou La Valse HĂ©sitation.

Dans Le Fils de l’homme, la pomme a plusieurs rĂŽles. D’abord, elle permet au peintre d’introduire un Ă©lĂ©ment absurde dans une Ɠuvre qui, sans cet Ă©lĂ©ment, serait tout Ă  fait banal. Mais elle permet aussi, comme RenĂ© Magritte le disait lui-mĂȘme, de dissimuler le visage de l’homme afin de provoquer chez le spectateur un sentiment de frustration ainsi que le dĂ©sir de savoir ce qui se cache lĂ  oĂč son regard ne peut pas aller.

4. L’Ɠil gauche đŸ‘ïž

Sur ce tableau, tout le visage de l’homme est cachĂ© par la pomme, Ă  l’exception d’un seul Ă©lĂ©ment : son Ɠil gauche. Ce choix n’a pas Ă©tĂ© fait par hasard. Il est une rĂ©fĂ©rence Ă  un drame marquant de la vie de RenĂ© Magritte : le suicide de sa mĂšre alors qu’il n’avait que quatorze ans.

En 1912, la mĂšre de RenĂ© Magritte se donna effectivement la mort en se jetant dans la riviĂšre de la Sambre. On raconte que lorsqu’elle fut retrouvĂ©e, la chemise de nuit qu’elle portait Ă©tait remontĂ©e sur son visage, ne laissant dĂ©passer que son Ɠil gauche. Cette image resta Ă  jamais gravĂ©e dans l’esprit du jeune RenĂ© Magritte et il est fortement possible que Le Fils de l’homme y fasse rĂ©fĂ©rence. Cette hypothĂšse appuierait encore une fois celle de l’autoportrait : en effet, cette rĂ©fĂ©rence trĂšs personnelle Ă  la vie du peintre ne pourrait apparaĂźtre que sur un portrait de lui-mĂȘme


IV – Le Fils de l’homme, un tableau culte

Durant sa carriĂšre de peintre, RenĂ© Magritte exerça le mĂ©tier de dessinateur publicitaire en parallĂšle. Il faut reconnaĂźtre que son style colle parfaitement au dessin publicitaire ! En effet, le peintre belge possĂšde un coup de pinceau unique : ses toiles sont reconnaissables au premier coup d’Ɠil, ses traits sont simples, ses dessins sont neutres, ni trop rĂ©alistes, ni trop alambiquĂ©s. De plus, RenĂ© Magritte possĂšde un penchant prononcĂ© pour les sujets anticonformistes, par exemple les scĂšnes qui dĂ©fient toute logique ou les assemblements absurdes d’élĂ©ments qui n’ont rien Ă  voir entre eux. Il Ă©veille l’attention et la curiositĂ© du spectateur, l’amĂšne Ă  se poser des questions. Pour la publicitĂ©, c’est une vĂ©ritable mine d’or !

Pour cette raison, on ne s’étonne pas de trouver aujourd’hui de nombreux dĂ©tournements de ses Ɠuvres dans le milieu publicitaire. Le Fils de l’homme ne fait pas exception Ă  la rĂšgle ! Il existe par exemple, aujourd’hui, plusieurs exemplaires diffĂ©rents d’autocollants pour MacBook Ă  l’effigie du Fils de l’homme. Ces autocollants font un clin d’Ɠil au nom de la marque, Apple, en plaçant le logo de l’ordinateur Ă  la place de la tĂȘte de l’homme au chapeau melon.

La publicitĂ© n’est cependant pas le seul domaine qui fait rĂ©guliĂšrement hommage au tableau de RenĂ© Magritte en le dĂ©tournant. En effet, on peut Ă©galement observer ce phĂ©nomĂšne en art. De nombreux artistes contemporains s’inspirent de l’Ɠuvre Le Fils de l’homme et y font allusion dans leurs toiles. L’exemple le plus cĂ©lĂšbre est sans doute le Mr. Apple de Norman Rockwell, crĂ©Ă© en 1970. Dans cette peinture Ă  l’huile, l’artiste a dessinĂ© une pomme rouge en lieu et place de tĂȘte : on retrouve le costume sombre et la cravate rouge mais le chapeau melon a disparu. Cette Ɠuvre a eu un certain succĂšs et elle s’est vendue pour prĂšs de 34 000$ aux enchĂšres en 2011.

DorĂ©navant, que ce soit Ă  la tĂ©lĂ©vision ou sur les affiches publicitaires, ouvrez bien les yeux et vous verrez que l’hĂ©ritage de RenĂ© Magritte et du Fils de l’homme est partout…