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NFT c’est quoi ?

NFT : tout savoir sur les Non-Fungible Tokens ! Certificat numérique de propriété artistique révolutionnaire ou bulle ? Si vous vous tenez au courant régulièrement des nouveautés en art, vous n’avez pas pu passer à côté, en ce début d’année, des NFT, de l’anglais Non-Fungible Tokens. Ce phénomène de plus en plus populaire est aujourd’hui en plein essor. Ces jetons non-fungible pourraient bien révolutionner le marché de l’art numérique. Un engouement tel que Beeple a vendu une œuvre pour 69 millions de dollars ! Que sont les NFT et comment fonctionnent-ils concrètement ? Voici toutes les clés pour comprendre cette tendance qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

I – Que signifie NFT ?

Le 25 février dernier, la maison de vente aux enchères Christie’s lançait la toute première vente de l’histoire des NFT : une œuvre d’art numérique réalisée par l’artiste américain Beeple. Cette œuvre caricaturant l’ancien président américain Donald Trump a finalement été cédée pour 6,6 millions de dollars ! Le succès de cette première vente de NFT en a amené beaucoup d’autres. Jack Dorsey, directeur et fondateur du réseau social Twitter, a vendu son premier tweet pour 2,9 millions de dollars tandis que la musicienne Grimes, compagne d’Elon Musk, a vendu un ensemble d’œuvres pour près de 6 millions de dollars. A tel point qu’aujourd’hui, à peine plus de deux mois après cette première vente, les NFT sont sur toutes les lèvres.

De quoi s’agit-il et pourquoi dépense-t-on des millions de dollars pour acheter des NFT ? Pour le comprendre, il faut remonter jusqu’à l’apparition du bitcoin, la toute première crypto-monnaie à avoir jamais été créée.

1. Le Bitcoin, première crypto-monnaie

Le Bitcoin fut la toute première monnaie entièrement virtuelle, c’est-à-dire qu’elle n’existe qu’en ligne et que ses transactions ne peuvent se faire qu’en ligne. Qualifiée également de crypto-monnaie ou monnaie numérique, elle fut lancée sur Internet le 18 août 2008, date où le nom de domaine bitcoin.org fut enregistré. A l’heure actuelle, on ne connaît toujours pas le nom ou l’identité de la personne qui a enregistré ce nom de domaine et créé le Bitcoin. Cependant, on connaît son pseudonyme : en effet, le 31 octobre 2008, un internaute se présentant sous le nom « Satoshi Nakamoto » déclara avoir créé un système monétaire électronique reposant entièrement sur des transactions entre pairs, sans passer par aucun intermédiaire.

Le Bitcoin arriva sur le web à un moment propice : on était en plein milieu de la crise financière et économique mondiale de 2008 et beaucoup de personnes se méfiaient des systèmes bancaires traditionnels. Les internautes accueillirent ce nouveau système de transactions monétaires avec un esprit ouvert et beaucoup pensaient que le Bitcoin allait remplacer la monnaie physique.

« Satoshi Nakamoto » publia un livre blanc dans lequel il expliquait le fonctionnement du Bitcoin, ainsi que ses avantages. Le Bitcoin est une monnaie décentralisée, ce qui signifie qu’elle ne passe pas par des intermédiaires comme le gouvernement ou les banques et de ce fait, elle offre des frais de transaction moindres par rapport à ceux d’une monnaie traditionnelle. De plus, le Bitcoin est un système monétaire totalement transparent : ses soldes virtuels sont tenus à jour et consignés dans un registre en ligne qui est accessible à tous et peut être consulté librement. Enfin, les transactions effectuées avec le Bitcoin sont totalement sécurisées et confidentielles puisqu’elles ne comportent aucune donnée personnelle : il n’y a donc aucun risque de fuite de données ou d’usurpation d’identité, qui peuvent malheureusement arriver lorsqu’on paye en ligne avec de la monnaie traditionnelle. Cependant, il arrive très rarement que des pirates informatiques, les hackers, réusissent à voler des Bitcoins. Notons néanmoins que cela arrive tellement exceptionnelement que ça n’entame en rien la confiance du réseau qui perdure depuis sa création.

Ce sont là les principaux avantages du Bitcoin.

Le Bitcoin repose sur un système appelé « chaîne de blocs » ou « blockchain » en anglais. Chaque bloc constituant cette chaîne est, pour faire simple, une collection de transactions. Ainsi, la chaîne de blocs s’est construite au fur et à mesure de l’histoire du Bitcoin. A chaque fois qu’une transaction est effectuée en ligne, elle doit être validée par ce que l’on appelle le « minage » : cette opération consiste à vérifier que cette transition est bien effectuée dans les règles et que la personne qui achète possède un solde suffisant. Cet intermédiaire est un tier de confiance permetant d’acentuer toujours on ne peu plus la solidité des liens de chaînes dans le temps. Pour « miner » une transaction, il faut posséder une grande capacité de calcul. Si au début il était possible de miner avec un simple ordinateur, les calculs à résoudre sont de plus en plus durs et il faut désormais avoir un matériel de minage puissant coûteux tel que des GPU ou ASIC pour traiter correctement ces colossaux calculs. Malheureusement, cette course à la grandeur nécessite beaucoup d’électricité, ce qui fait naître les critiques de part l’imposant impact écologique du minage. L’empreinte écologique est désastreuse, la consommation d’énergies est tel que si le Bitcoin était un pays, il serait dans le top 30 des pays utilisateurs d’électricité.

Lorsqu’un « mineur » résout un calcul, celle-ci est codé dans la chaîne de blocs et un groupe de transactions validées permet d’y ajouter un nouveau bloc. Ainsi, le « bloc 0 » ou « bloc genèse » fut codé le 3 janvier 2009 et le « bloc 1 » le 6 janvier 2009. Ensuite, de nombreux blocs suivirent et le Bitcoin connut un succès fulgurant : la machine était lancée.

Un « mineur » de Bitcoin gagne des Bitcoins à chaque ajout d’un bloc dans la chaîne de blocs. Mais il existe d’autres moyens de gagner des Bitcoins pour agrandir son solde et pouvoir participer à des transactions : ainsi, une entreprise peut vendre un produit ou un service contre des Bitcoins et un auto entrepreneur peut demander son salaire en Bitcoins. Il est également possible d’acheter des Bitcoins avec de la monnaie non-virtuelle. Enfin, vous pouvez investir dans le Bitcoin dans l’espérance de faire une plus-value dans le temps.

2. Bitcoin, NFT : quelle différence ?

Suite au succès du Bitcoin, d’autres crypto-monnaies ont vu le jour. Celle dont on entend beaucoup parler sur le marché de l’art depuis ce début d’année est le NFT. Si cette toute récente crypto-monnaie fonctionne elle aussi sur un système de chaîne de blocs, son utilisation diffère de celle du Bitcoin.

En effet, le Bitcoin fonctionne à la manière d’une monnaie virtuelle : deux soldes de Bitcoins d’une même valeur sont interchangeables, comme le seraient par exemple deux pièces de deux euros et quatre pièces d’un euro.

En revanche, le NFT ne peut être remplacé par un équivalent de même valeur, pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas d’équivalent de même valeur. Le NFT est unique et non fongible. En anglais, l’acronyme NFT signifie « Non-fongible token », à traduire en français par : « Jetons non fongibles ». Là où le Bitcoin est comparable à une devise monétaire, le NFT est plutôt comparable à un système de jetons virtuels uniques.

Le NFT repose sur le système de chaîne de blocs Ethereum. Ainsi, les NFT peuvent être achetés et enregistrés sur le même fonctionnement que la crypto-monnaie d’Ethereum, Ether. La monnaie virtuelle Ether repose sur le même type de fonctionnement que le Bitcoin, sauf qu’elle est déployée par Ethereum : elle est la seconde crypto-monnaie dans le monde en termes de capitalisation, après le Bitcoin.

3. Comment fonctionnent les NFT en art ?

Aujourd’hui, l’art numérique est omniprésent et il peut prendre diverses formes. Le terme « art numérique » désigne en effet toute forme artistique créée à partir d’une interface numérique ou d’un réseau numérique. Ainsi, on peut parler d’art numérique pour désigner une œuvre réalisée sur ordinateur, tablette ou téléphone, via un logiciel ou une application, mais aussi une œuvre réalisé en impression 3D ou à partir de code informatique. La vidéo, l’animation, la réalité virtuelle, la réalité augmentée ou encore l’art sonore sont des arts numériques.

Grâce aux nombreux moyens technologiques et numériques qui sont aujourd’hui à notre disposition, il est devenu extrêmement facile de reproduire ou de copier une œuvre d’art numérique. En effet, nous avons tous accès aux mêmes logiciels, aux mêmes interfaces et aux mêmes lignes de code. Il suffit d’être doué en informatique pour être capable de recopier une œuvre à l’aide de code, par exemple. C’est dans ce contexte qu’intervient le NFT.

Puisqu’il est non-fongible et qu’il repose sur un système ultra-sécurisé où les fraudes sont inexistantes, le NFT permet d’authentifier une œuvre d’art numérique : on parle de certificat d’authenticité ou de contrat intelligent.

Ainsi, lorsqu’une œuvre d’art numérique est vendue en ligne, son acheteur reçoit un NFT, unique et absolument non-copiable, qui indique qu’il possède l’œuvre originale authentifiée. Dans la chaîne de blocs, chaque NFT est assorti d’un contrat intelligent qui précise l’auteur de l’œuvre, sa date de création, les détails et conditions de la vente (date, prix d’achat) et l’identité de l’acheteur. Lors d’une transaction, ces détails sont vérifiés, authentifiés et validés avant d’être ajoutés à la chaîne de blocs.

Tout acheteur potentiel peut à tout moment consulter la chaîne de bloc et connaître l’historique des transactions de l’œuvre d’art qui l’intéresse.

En résumé, les œuvres d’art numérique sont facilement reproductibles mais les NFT prennent la forme d’un certificat numérique de propriété qui peut être vendu et acheté. Toutes les transactions sont enregistrées dans une chaîne de blocs mise à jour par des milliers d’ordinateurs très puissants dans le monde, ce qui empêche toute possibilité de falsifier ces enregistrements.

4. Quels sont les avantages des NFT pour les artistes ?

Selon l’artiste numérique américaine Beeple, de son vrai nom Mike Winkelmann, les NFT n’existent que depuis plusieurs mois, mais ils ont déjà changé la donne pour les créateurs d’art numérique. Dans un communiqué de presse publié par la célèbre maison de vente aux enchères Christie’s, Beeple disait : « Des artistes utilisent le stockage de données et des logiciels pour créer de l’art et le diffuser sur internet depuis plus de vingt ans, mais il n’y avait jusqu’à présent pas de véritable moyen de le posséder et le collectionner […] Avec le NFT, tout a changé […] Nous assistons à un nouveau chapitre dans l’histoire de […] l’art numérique ». Mais le NFT n’a pas touché uniquement le secteur de l’art numérique graphique : sur Internet, les secteurs de la musique et du sport sont eux aussi séduits.

Le NFT est à la fois un certificat d’authenticité, un justificatif d’achat et un certificat de propriété. Pour les artistes numériques, cela signifie qu’ils peuvent désormais vendre leurs œuvres, comme le faisaient déjà depuis des siècles les artistes qui créent de l’art physique et le font exposer dans des musées et des galeries d’art.

Le NFT est infalsifiable, ce qui permet aux artistes de ne plus voir leur œuvre reproduite et signée d’un autre nom, puisque celle-ci leur sera toujours attribuée dans la chaîne de blocs.

Le NFT offre aussi un autre avantage : lors d’une vente, l’artiste est rémunéré à hauteur de 10% du prix de vente. Aussi, le NFT est rattaché à un contrat intelligent qui peut inclure des clauses qui profitent à l’artiste, comme par exemple, lui attribuer une certaine part à chaque fois que l’œuvre sera vendue.

5. Que peut-on acheter avec des NFT ?

Il est possible d’acheter n’importe quoi avec un NFT : des objets physiques uniques, comme une œuvre d’art ou un objet dédicacé, mais aussi des actifs numériques. Ce dernier cas est le plus intéressant puisque le NFT est, plus qu’un moyen de paiement, un moyen d’authentifier une œuvre qui pourrait être reproduite à l’infini. Le NFT est également un moyen pour l’acheteur de prouver qu’il est le propriétaire de quelque chose de visuel et donc d’intangible, qui est accessible à tous sur Internet.

Ainsi, avec des NFT, vous pouvez acheter des œuvres d’art numérique, des mèmes célèbres, des GIF, des images, des vidéos, mais aussi des tweets ! Sur le web, les collectionneurs et ceux qui croient en l’avenir de la crypto-monnaie sont prêts à débourser des sommes faramineuses pour acheter ce type d’actifs numériques.

Certains pourront se demander quel est l’intérêt de dépenser des milliers de dollars pour une œuvre que l’on peut simplement copier et enregistrer sur son ordinateur. La réponse est que si vous avez simplement copié l’œuvre dans votre ordinateur, elle ne vous appartient pas. Si vous l’achetez avec un NFT, vous en serez propriétaire, ce qui signifie qu’à chaque fois que vous la verrez passer sur Internet, vous aurez la satisfaction de vous dire que cette œuvre que tout le monde peut voir vous appartient. Vous ne serez plus l’un des milliards de spectateurs de cette œuvre, mais son unique détenteur.

Pour les collectionneurs ou bien ceux pour qui une certaine œuvre possède une grande valeur sentimentale, cette raison est suffisante pour débourser des milliers, voire des millions de dollars.

II – Acheter, vendre et créer des NFT

1. Où peut-on acheter des NFT ?

Puisqu’il s’agit d’une crypto-monnaie, les NFT s’achètent en ligne. Plusieurs plateformes permettant d’acheter des NFT existent déjà et elles sont de plus en plus nombreuses.

Parmi les plus connues, on retrouve OpenSea. Globalement, cette plateforme se présente sous la forme d’une maison de vente aux enchères en ligne, où vous pouvez parcourir le catalogue, choisir votre œuvre d’art numérique et proposer une enchère. Si vous remportez l’enchère, vous pouvez acheter l’article. Mais OpenSea propose également des articles dont le prix est déjà fixé et que vous pourrez acheter immédiatement.

Une autre plateforme plutôt connue est Nifty Gateway. Sur ce site, vous retrouverez beaucoup d’artistes numériques connus.

2. Comment acheter des NFT ?

Si vous souhaitez effectuer une transaction pour acheter une œuvre d’art numérique, vous devez évidemment d’abord posséder un fonds de crypto-monnaie Ether, puisque le NFT fonctionne sur le système de chaîne de blocs Ethereum. Ce n’est pas si compliqué mais cela requiert tout de même d’effectuer quelques étapes précises.

Vous devrez en tout premier lieu installer l’extension Metamask sur votre navigateur. Cette extension vous permettra de créer un portefeuille numérique de tous les jetons Ethereum que vous aurez acquis, que ce soit des NFT ou de la crypto-monnaie fongible.

Une fois l’extension installée, allez sur Metamask et créez un compte avec mot de passe. Vous aurez ensuite la possibilité de vous créer un portefeuille numérique. Metamask vous fournira alors une phrase secrète que vous devrez garder en mémoire à un endroit sûr : cette phrase vous permettra par la suite d’accéder à votre compte et donc à votre portefeuille de crypto-monnaie.

Ensuite, connectez-vous sur la plateforme sur laquelle vous souhaitez acheter un ou plusieurs NFT, par exemple OpenSea. Créez-vous un compte si ce n’est pas déjà fait, puis connectez ce compte à votre portefeuille Metamask. Une fois que toutes ces étapes sont terminées, il ne vous reste plus qu’à mettre un fonds de crypto-monnaie Ethereum dans votre portefeuille numérique Metamask : c’est à partir de ce fonds que vous pourrez dépenser pour acheter vos NFT.

Encore une fois, il existe de nombreux sites permettant d’acheter de la crypto-monnaie Ethereum : par exemple, vous pouvez utiliser Coinbase qui est certainement le plus connu. Sur ce site, vous pourrez acheter de la crypto-monnaie en ligne avec de l’argent réel et envoyer ce solde nouvellement acquis directement dans votre portefeuille Metamask. Pour cela, il vous suffit de vous rendre dans l’extension Metamask, de passer votre souris sur le nom de votre compte puis, lorsque s’affiche le message « Copier dans le presse-papier », de cliquer pour copier l’adresse de votre compte. Vous devrez renseigner cette adresse dans Coinbase.

Ensuite, retournez sur la plateforme que vous avez choisie pour acheter des NFT (par exemple, OpenSea) : vous pourrez consulter votre solde Metamask et le débiter pour acheter vos NFT. Attention, la plupart des sites ajoutent au prix du NFT une taxe appelée « gas price », qui représente le coût de traitement de votre transaction sur la chaîne de blocs Ethereum. Ce coût n’est pas fixe : il fluctue en fonction du marché, il peut donc être intéressant d’observer ces fluctuations avant de choisir in créneau pour effectuer votre transaction.

3. Comment vendre, créer des NFT ?

Il y a deux cas de figure : soit vous avez créé une œuvre d’art numérique et vous souhaitez la vendre comme NFT, soit vous  possédez un NFT et vous souhaitez le revendre.

Dans le premier cas, vous devrez d’abord vous créer un portefeuille numérique qui vous permettra de recevoir de la crypto-monnaie en échange de votre NFT. Vous pouvez passer par Metamask. Ensuite, rendez-vous sur une plateforme de vente de NFT, qui vous permettra de « tokeniser » votre œuvre d’art, c’est-à-dire de la transformer dans la chaîne de blocs en un objet unique dont vous êtes le propriétaire et qui ne pourra pas être copié. OpenSea permet de faire cela, ainsi que Rarible, un autre site très populaire de vente de NFT. Ce processus sera, sur la plupart des sites, payant : vous paierez le fameux « gas price ».

Malheureusement, ce processus possède quelques limites. En effet, sur la plupart des sites, n’importe quel fichier numérique, que ce soit une image, une vidéo ou encore un tweet, peut être « tokenisé » par n’importe qui, même si cette personne n’en est pas l’auteur. Ainsi, de nombreux artistes ont vu leurs œuvres être mises en vente sur des plateformes de NFT sans leur consentement préalable ! Dans ces cas-là, la « tokenisation » de l’œuvre numérique n’est pas réversible, cependant son auteur peut tout de même obtenir l’annulation de la vente et le transfert du titre de propriété.

Dans le second cas, la vente d’un NFT est aussi simple que l’achat. Une fois que vous aurez acheté votre NFT, il se trouvera dans votre portefeuille numérique sur Metamask. Si vous souhaitez le vendre, accédez à votre portefeuille via l’un des sites de vente de NFT (comme par exemple OpenSea) et mettez-le en vente. Une fois qu’il trouvera un acheteur, vous serez payé à votre tour en crypto-monnaie, qui s’ajoutera à votre solde sur Metamask.

Une fois votre NFT vendu, vous voulez transformer votre crypto-monnaie en argent réel ? C’est possible directement dans votre portefeuille de crypto-monnaie ou bien via certaines plateformes en ligne. Sinon, sachez qu’il existe des néo-banques qui le proposent également : si vous avez souscrit à une néo-banque, renseignez-vous sur l’existence de cette option.

4. Peut-on investir dans les NFT ?

Les NFT sont encore tous récents, il est donc encore trop tôt à l’heure qu’il est pour savoir si un investissement dans ce domaine pourra vous rapporter beaucoup d’argent dans le futur. De plus, le cours de la crypto-monnaie fluctue énormément, de même que les marchés de NFT qui, de l’un à l’autre, n’ont pas les mêmes coûts de transactions. Cependant, si vous choisissez tout de même d’investir dans les NFT, sachez que c’est tout à fait possible : il est cependant recommandé de bien étudier le marché avant de vous lancer, et de comparer tous les marchés de NFT afin de choisir celui qui vous semblera le plus porteur.

IV – Pourquoi tout le monde parle des NFT ?

Dans le milieu de l’art mais aussi sur Internet, les NFT ont énormément fait parler d’eux ces derniers mois. Comment expliquer un tel engouement pour les NFT ?

1. Parce qu’ils permettent de gagner des millions

Depuis que l’on entend parler des NFT, des transactions à plusieurs millions de dollars ont attisé la curiosité des internautes. Du tweet de Jack Dorsey vendu à 2,5 millions de dollars au collage numérique de l’artiste Beeple adjugé par Christie’s à plus de 69,3 millions de dollars, les chiffres sont impressionnants et l’on peut facilement comprendre pourquoi ils font parler d’eux !

L’exemple du tweet de Jack Dorsey a démontré que dans l’univers des NFT, des sommes faramineuses sont dépensées par les internautes et les collectionneurs pour acheter des actifs virtuels qui n’ont pourtant pas grand-chose d’une œuvre d’art. Dans le milieu du sport ou du jeu vidéo également, les actifs virtuels à collectionner se vendent à des prix énormes, soit plusieurs milliers de dollars. Et pourtant, l’acheteur ne reçoit même pas en échange la possibilité d’accrocher l’œuvre d’art acquise dans son salon : l’œuvre originale est toujours sur le web, consultable par tout le monde. Dans ce contexte, beaucoup d’internautes se sont demandé quel était l’intérêt de dépenser autant pour une œuvre d’art numérique que l’on peut regarder tous les jours sur le web. Cela soulève des questions et pousse les curieux à s’intéresser à ce tout nouveau phénomène qui n’a pas fini de faire parler de lui.

2. Parce qu’ils changent les règles en art numérique

Si les NFT sont vite devenus populaires chez les internautes curieux, les acheteurs et les collectionneurs, ils font également énormément parler d’eux du côté des artistes numériques. Ceux-ci voient dans ce nouveau phénomène une opportunité en or d’éviter la copie ou la reproduction de leurs œuvres, véritable bête noire de tous les artistes publiant leurs œuvres sur le web.

Les NFT fournissent pour chaque œuvre d’art numérique un certificat d’authenticité infalsifiable : les artistes restent ainsi propriétaires de leur œuvre (à moins de la vendre) et peuvent le prouver. Et même s’ils vendent cette œuvre, ils ont la possibilité de gagner un pourcentage sur chaque transaction qui la concernera dans le futur.

En quelques mois, les NFT ont radicalement modifié le marché de l’art numérique, trouvant une solution à des problématiques qui existaient en art numérique depuis une vingtaine d’années.

3. Parce qu’ils sont accessibles à tous

Une fois que l’on a compris le fonctionnement des NFT, tout le monde peut acheter un NFT ou bien en créer un pour le vendre ensuite. Ces opérations sont assez simples à réaliser du moment que vous avez créé un portefeuille de crypto-monnaie en ligne.

Potentiellement, n’importe quel actif virtuel peut être vendu comme NFT : si vous n’avez aucun talent en art, il vous suffit de créer une vidéo ou de rédiger un tweet viral et vous pourrez tout à fait le transformer en NFT et le proposer à la vente sur un site comme OpenSea, Rarible, Makersplace ou encore Mintable. Ces plateformes sont relativement faciles d’utilisation : à votre première utilisation, vous serez guidé pas à pas dans la création de votre NFT. Ce processus est toujours payant (au maximum 30 dollars pour un seul fichier, à régler en crypto-monnaie) mais il est simple et rapide. Téléchargez votre fichier sur la plateforme, suivez les étapes pour le transformer en NFT, réglez votre commission puis proposez votre NFT à la vente. Si vous trouvez un acheteur, vous pourrez, par un simple clic, demander à gagner un pourcentage à chaque fois que votre NFT changera de propriétaire à l’avenir.

V – Quel avenir pour les NFT ?

1. Les NFT vont-ils révolutionner le monde de l’art ?

L’histoire de Mike Winkelmann, alias Beeple, est une véritable « success story » qui donne de l’espoir à tous les aspirants artistes. Depuis ses treize ans, ce passionné a réalisé un dessin par jour, d’abord avec un simple stylo, puis sur un support numérique, via des logiciels de dessin comme Cinema 4D. Pour autant, il avoue lui-même ne s’être jamais considéré comme un artiste. Mais avec l’apparition du NFT dans le monde de l’art, tout a changé pour Mike Winkelmann.

Le jeudi 25 février 2021, la maison de vente aux enchères Christie’s a mis en vente, pour la première fois dans l’histoire de l’art, une œuvre 100% numérique, achetable avec de l’argent numérique, en l’occurrence l’Ether, deuxième crypto-monnaie après le Bitcoin. Cette œuvre appelée Everydays – The First 5000 Days était un collage des 5000 premières œuvres réalisées par Beeple depuis qu’il dessine une fois par jour. Cette œuvre s’est finalement vendue à plus de 69 millions de dollars et depuis, le marché du NFT a littéralement explosé. Des œuvres d’art numérique aux tweets, en passant par des mèmes, n’importe quel actif virtuel est potentiellement aujourd’hui un NFT qui peut valoir des millions de dollars.

Depuis cette vente historique de Beeple, la « folie » des NFT a gagné tous les acteurs du marché de l’art : les artistes, les collectionneurs, les acheteurs, les maisons de vente aux enchères mais aussi les galeries d’art physique ! Ainsi, la Superchief Gallery de New-York a ouvert un tout nouvel espace consacré à l’art virtuel ou « crypto-art ». Les NFT exposés sont ainsi projetés sur des écrans numériques de très haute qualité. C’est le tout premier espace physique exposant des NFT et l’on peut facilement parier que de nombreuses galeries d’art vont suivre cet exemple dans les mois à venir.

Selon le directeur de la Superchief Gallery, l’exposition physique des NFT permet d’abord de mettre en avant cette toute nouvelle forme d’art et de la faire reconnaître en tant que discipline artistique légitime. Pour lui, encore beaucoup trop de personnes jugent le NFT comme une bulle spéculative qui aura complètement disparu d’ici quelques années. Cela se comprend : difficile d’imaginer l’évolution dans la durée d’un phénomène qui a pris une telle ampleur aussi rapidement ! Mais pour certains acteurs du marché de l’art comme Ed Zipco, le NFT est bel et bien une discipline artistique d’avenir, qui est prête à révolutionner le marché de l’art et pour cette raison, elle mérite de gagner en légitimité.

Plus récemment, en Chine, le centre artistique privé UCCA Center for Contemporary Art à Pékin s’est lui aussi ouvert à l’art NFT en physique. Il a effectivement organisé, en collaboration avec Christie’s, une exposition entièrement consacrée à l’art numérique, exposant près de trente artistes dont Beeple mais aussi des artistes numériques chinois émergents.

2. L’adoption des NFT en-dehors du marché de l’art

Les principaux avantages des NFT, à savoir leur capacité à authentifier un objet virtuel et à retracer son historique de transaction, ont séduit d’autres domaines en-dehors de l’art.

Dans le domaine du jeu vidéo par exemple, les NFT pourraient permettre aux joueurs de réellement acquérir et posséder des armes et objets rares, que l’on pourrait ensuite échanger avec d’autres joueurs contre de la crypto-monnaie. Certains jeux vidéo ont déjà pensé à cette utilisation : les joueurs pourraient ainsi devenir propriétaires d’un terrain à l’intérieur du jeu, d’une arme rare et puissante ou d’un objet qui a pour eux une importante valeur sentimentale comme, par exemple, une arme ou un objet qui les aurait accompagné d’un niveau à l’autre et leur aurait permis de gagner un certain nombre de combats.

Dans le domaine du sport, les NFT ont déjà permis à certains collectionneurs d’acheter et de posséder des vidéos sur l’application NBA Top Shot : le plus souvent, ces vidéos ont filmé un certain moment crucial du match qui a permis à l’équipe de marquer des points ou d’accéder à la victoire.

3. Les NFT : un avenir prometteur…

En ce qui concerne le domaine de l’art numérique, les NFT semblent pour le moment promis à un bel avenir. Et pour cause, le NFT procure de nombreux avantages ! Par exemple, elle confère à son possesseur un droit propriété exclusif, comme des facilités à la revente et des informations, en autres. C’est donc tout naturellement, que les artistes et les collectionneurs se sont rués sur ce certificat d’authenticité numérique infalsifiable afin de se protéger mutuellement des copies. Cette nouvelle solution technologique répond si bien aux problèmes des fausses oeuvres que acheteurs et vendeurs ne sont pas prompts à s’en passer de si tôt !

Les artistes ne sont pas les seuls acteurs du marché de l’art qui sont intéressés par le NFT. Comme c’est toujours le cas lorsqu’un marché récent provoque un engouement rapide et énorme, les NFT ont également titillé la curiosité des investisseurs.

Rien qu’en 2020, alors qu’il s’agissait toujours d’un marché de niche, les transactions de NFT ont représenté plus de 207 millions d’euros, soit plus de 250 millions de dollars. En décembre 2020, le marché des NFT a généré plus de 8,9 millions de dollars et depuis le début de l’année 2021, il est passé d’un marché de niche à un marché qui intéresse le grand public, déclenchant des ventes exceptionnelles d’un point de vue historique, provoquant un engouement énorme et extrêmement rapide. Tous les arguments sont réunis pour laisser penser que l’on est encore au début de cet engouement pour les NFT. Peut-être que dans quelques mois, voire quelques années, tout le monde voudra être propriétaire d’un GIF, d’un mème ou d’une vidéo virale.

4. …mais aussi quelques limites

Comme toutes les nouveautés, les NFT ont aussi leurs détracteurs. Certains pointent du doigt l’empreinte carbone des NFT. Comme évoqué en début d’article, le fonctionnement de la chaîne de blocs Ethereum est extrêmement énergivore. Elle nécessite une puissance de calcul phénoménale et une très grande consommation d’électricité et donc, des ressources de notre planète.

Les NFT étaient encore jusqu’à présent un marché de niche, mais les écologistes se demandent aujourd’hui ce qu’il adviendra lorsque la création, la vente et l’achat de NFT deviendra une pratique répandue ?

Pour le moment, cette technologie n’en est encore qu’à ses premiers pas et il est possible d’envisager, dans le futur, de réinventer le système de chaîne de blocs afin qu’il soit moins énergivore. Mais pour cela, il faudrait d’abord que les NFT continuent à exister sur la durée et qu’il ne s’agisse pas, comme beaucoup le pensent, d’une bulle spéculative sur le point d’éclater.

Et selon vous, les NFT sont-ils une simple mode passagère ou une véritable innovation qui perdurera ?