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Qu’est-ce que le cubisme ?

Novateur et révolutionnaire, le cubisme a fortement influencé l’art moderne en ouvrant la voie à l’art abstrait, mais pas seulement. Ce courant artistique eut des répercussions importantes aussi dans la littérature, dans la mode et dans la décoration. Quand on parle de cubisme, on pense avant tout à Pablo Picasso. Et pourtant, l’artiste espagnol ne fut pas le seul créateur du mouvement…

I – Qu’est-ce que le cubisme ?

1. Le principe du cubisme

Apparu au tout début du XXème siècle, le cubisme n’est pas considéré, contrairement aux idées reçues, comme un art abstrait. Bien au contraire, les peintres cubistes peignent le réel. Ils s’inspirent des scènes, personnages et objets de leur quotidien.

Si le cubisme fut aussi novateur, c’est parce qu’il brisa les codes de l’art classique en prônant une manière inédite de représenter cette réalité. Le cubisme consiste en effet à déconstruire la réalité jusqu’à aller au-delà d’une représentation en trois dimensions. Les artistes cubistes avaient pour ambition de représenter le réel en quatre dimensions. Ainsi, chaque œuvre cubiste englobe une pluralité de points de vue d’un même sujet. Cette idée est notamment flagrante dans les portraits de Pablo Picasso, comme par exemple Marie-Thérèse avec une guirlande (1937) qui représente Marie-Thérèse Walter, l’une des compagnes de l’artiste, à la fois vue de face et vue de profil.

Le cubisme apparut avant tout grâce aux recherches de Georges Braque et Pablo Picasso. Les deux artistes souhaitaient représenter le réel en quatre dimensions et ils furent amenés, dans ce but, à explorer l’utilisation des formes géométriques. En effet, les formes géométriques leur permirent de donner des effets de volume et de perspective à une toile pourtant plane, où la perspective classique n’existe plus. Guillaume Apollinaire disait que le cubisme « n’est pas un art d’imitation mais un art de conception qui tend à s’élever jusqu’à la création ». Georges Braque et Pablo Picasso prenaient une scène réelle, la déstructuraient puis la conceptualisaient sur la toile à l’aide de triangles, de cercles, de carrés et de rectangles.

Pour les fervents défenseurs d’un art classique, le cubisme apparaît schématisé et simpliste. Mais cet art est bien plus que cela : les formes géométriques ne sont pas là pour simplifier les traits mais elles sont là pour appuyer, par une technique nouvelle et avant-gardiste, les effets de perspective et la multiplication des points de vue.

Ainsi, le cubisme n’est pas un mouvement abstrait mais bel et bien figuratif, dans lequel les artistes cherchaient à montrer une perspective en quatre dimensions que l’on ne perçoit pas dans la réalité.

2. D’où vient le terme « cubisme » ?

En 1906, il n’existait pas encore de terme accepté pour désigner le mouvement artistique initié par Georges Braque et Pablo Picasso. Dans son article intitulé Les Artistes indépendants, le critique d’art Louis Chassevent tenta d’expliquer les œuvres du peintre cubiste Jean Metzinger avec ces mots : « un mosaïste comme [Paul] Signac, mais il est plus précis dans sa découpe des cubes de couleurs, qui semblent avoir été fabriqués par une machine ».

Ce n’est qu’en 1907 qu’apparut le néologisme « cubisme » et, par extension, le terme « cubiste ». C’est le peintre, poète et écrivain Max Jacob qui l’utilisa pour la première fois, lors d’une réunion qu’il tenait en compagnie de Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin. L’année suivante, le peintre Henri Matisse utilisa à nouveau ce terme pour décrire le tableau de Georges Braque : Maisons à l’Estaque. Puis le critique d’art Louis Vauxcelles le reprit dans ses articles.

En 1911 eut lieu à Bruxelles la première exposition cubiste internationale, le Salon des Indépendants. Guillaume Apollinaire rédigea la préface du catalogue et dans celle-ci, il accepta officiellement le nom « cubiste » qui avait été donné au courant artistique nouveau porté par Pablo Picasso, Georges Braque, Albert Gleizes, Robert Delaunay, Jean Metzinger et Fernand Léger, entre autres.

En 1912 sortit le tout premier manifeste du mouvement écrit par Jean Metzinger et Albert Gleizes, Du Cubisme, suivi en 1913 de Les peintres cubistes. Méditations esthétiques de Guillaume Apollinaire.

II – Une brève histoire du cubisme

1. Les origines du cubisme

Le mouvement artistique cubiste a deux principales sources d’influence : les travaux de l’artiste français Paul Cézanne et l’art africain.

En effet, dès la seconde moitié du XIXème siècle, l’impressionniste Paul Cézanne cherchait déjà à déconstruire la réalité afin de la représenter conceptualisée. Dans les dernières années de sa vie, le peintre français utilisait des formes géométriques pour peindre des paysages de nature, comme dans Mont Sainte-Victoire (1904) et Sous-bois devant les grottes au-dessus du Château-Noir (1904). Georges Braque et Pablo Picasso se fascinèrent pour les travaux de Cézanne et ceux-ci influencèrent énormément leurs recherches en direction du cubisme.

D’ailleurs, Paul Cézanne avait déjà posé les premiers principes du cubisme dans une lettre adressée à l’artiste Emile Bernard en avril 1904. Il y écrivait : « Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective. Que chaque côté d’un objet, d’un plan, se dirige vers le point central ». Par cette phrase, il évoquait déjà la représentation d’un objet par la multiplication de ses points de vue sur un même plan !

L’art africain avait quant à lui fait son entrée dans l’art occidental dès la fin du XXème siècle, grâce à des artistes comme Henri Matisse ou Paul Gauguin. Pablo Picasso s’intéressa alors lui-même à l’art africain et notamment aux sculptures et masques de l’art primitif. Les masques africains, notamment, évoquaient un visage humain sans lui en donner les traits précis, grâce à l’utilisation de formes géométriques simples. Cette vision nouvelle de l’art influença considérablement Georges Braque et Pablo Picasso au début de leurs travaux.

2. La collaboration entre Georges Braque et Pablo Picasso

Dès 1906, Pablo Picasso suivit les préceptes de Paul Cézanne, qu’il admirait (« Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective »). Il eut l’idée de peindre les prostituées de la Rue d’Avignon à Barcelone, en utilisant ce principe de perspective géométrique. En 1907, l’artiste encore très peu connu réalisa ce qui restera l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre, Les Demoiselles d’Avignon.

C’est aussi en 1907 que Guillaume Apollinaire lui présenta Georges Braque, lui aussi peintre. Georges Braque s’invita dans l’atelier de Pablo Picasso et y découvrit ses Demoiselles d’Avignon, qui fut pour lui un véritable coup de cœur. Braque invita à son tour Picasso dans son atelier et lui montra ses peintures donc le Viaduc à l’Estaque, elle aussi inspirée des œuvres de Paul Cézanne.

A partir de ce moment-là commença entre les deux artistes une amitié sincère et une collaboration artistique. Georges Braque et Pablo Picasso menèrent ensemble de longues recherches sur la manière de représenter la perspective sur une toile en deux dimensions, en intégrant toutes les facettes du sujet.

Au fil de ces recherches, les deux peintres posèrent les bases du cubisme, mouvement qui fut rapidement repris par d’autres artistes. Ce courant artistique né de leur collaboration marqua définitivement l’histoire de l’art : en créant une rupture radicale avec la peinture classique (qui, par exemple, mettait la perspective au centre du travail de l’artiste), ils ouvrirent la voie à la peinture abstraite.

3. Les différentes phases du mouvement cubiste

Le mouvement artistique du cubisme évolua en plusieurs phases. La première est appelée « cubisme cézannien ». Entre 1907 et 1910, les œuvres cubistes produites étaient directement influencées par les œuvres de Cézanne. Cette phase du mouvement cubiste se distingue par des formes simplifiées, des formes volumineuses, beaucoup d’angles marqués et de couleurs.

Les Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso est l’œuvre la plus connue du cubisme cézannien. Aujourd’hui exposé au MoMA de New York, ce chef-d’œuvre est considéré par beaucoup comme la première œuvre cubiste, bien que d’autres soutiennent qu’il s’agit plutôt de l’œuvre de Georges Braque Les Maisons de l’Estaque (1908). Le Grand Nu de Georges Braque, réalisé entre 1907 et 1908, est un autre bon exemple de cubisme cézannien, puisqu’il est directement inspiré des Baigneurs de Paul Cézanne.

La seconde phase du mouvement cubiste est appelée « cubisme analytique ». A partir de 1910 et jusqu’en 1912 environ, Georges Braque et Pablo Picasso cherchèrent à décomposer leurs sujets en les représentant sous toutes les facettes possibles. Grâce à l’héritage du cubisme cézannien, les peintres cubistes continuaient à n’utiliser dans leurs œuvres que des formes géométriques : « le cylindre, la sphère, le cône ». Mais avec le cubisme analytique, ils introduisirent aussi la recherche d’une représentation multi-facettes. Georges Braque et Pablo Picasso peignaient beaucoup de personnages durant cette période : ceux-ci étaient représentés de face, de profil et de trois-quarts tout à la fois, afin que le spectateur puisse le voir sous tous les angles possibles.

Par rapport au cubisme cézannien, le cubisme analytique est aujourd’hui considéré comme plus hermétique du point de vue du spectateur. Les œuvres cubistes analytiques étaient souvent monochromes, rendant leur lecture assez difficile. Par exemple, dans La jeune fille à la mandoline de Pablo Picasso (1912), le sujet est décomposé en formes géométriques mais le fond l’est aussi : les deux se confondent alors. A cette époque, la collaboration entre Georges Braque et Pablo Picasso était à son apogée : parfois, les artistes ne signaient pas leurs toiles afin que l’on ne puisse pas savoir qui l’avait peinte.

La troisième phase du mouvement cubiste est appelée « cubisme synthétique ». Elle se prolongea jusqu’en 1914, année où l’appel sous les drapeaux de Braque mit fin à sa collaboration avec Picasso. Le cubisme synthétique se définit par un retour à l’utilisation de couleurs vives et variées. Aussi, les deux artistes explorèrent le cubisme un peu plus en profondeur, mettant en pratique leurs recherches des précédentes phases. Ils s’éloignèrent de la peinture pour s’intéresser à d’autres moyens artistiques comme par exemple le papier collé ou le collage.

L’une des plus célèbres œuvres du cubisme synthétique est le collage Nature morte à la chaise cannée de Pablo Picasso (1912). Ce chef-d’œuvre eut des répercussions énormes sur l’art moderne. Il aurait notamment influencé le surréalisme, le dadaïsme et le ready-made de Marcel Duchamp. On peut également citer La clarinette de Georges Braque (1912).

Après l’arrêt de la collaboration entre Georges Braque et Pablo Picasso, ce dernier se désintéressa du mouvement cubiste. Cependant, d’autres artistes prirent son relais, notamment Robert et Sonia Delaunay. Ceux-ci sont aujourd’hui considérés comme les chefs de file de la quatrième et dernière phase du cubisme, appelée « cubisme orphique ». Par rapport aux trois phases précédentes, celle-ci rapproche le cubisme de l’art abstrait, grâce à une utilisation beaucoup plus libre des couleurs et des formes. Tandis qu’auparavant, les artistes cubistes prenaient un sujet et le décomposaient en formes géométriques représentant toutes ses facettes, le cubisme orphique prit la démarche à l’envers. L’artiste prenait les formes géométriques telles qu’elles étaient et de les posait ensuite harmonieusement sur la toile dans le but de provoquer une émotion chez le spectateur. En mettant en avant l’émotion dégagée par les formes avant le sujet du tableau, le cubisme orphique ouvrit la voie à l’art abstrait moderne.

Les œuvres les plus connues en cubisme orphique sont celles de Sonia et Robert Delaunay, qui étaient généralement composées de formes circulaires de couleurs vives.

4. Le cubisme dans les autres disciplines artistiques

Le cubisme n’a pas seulement existé en peinture. Des sculpteurs, des écrivains, des poètes et même des architectes ont ensuite repris les idées de la peinture cubiste. En littérature, l’une des figures majeures du cubisme est Guillaume Apollinaire, qui dès les années 1910 révolutionnait la poésie avec ses calligrammes. En sculpture, les artistes cubistes les plus importants furent Pablo Picasso, Henri Laurens et Jacques Lipchitz.

Le mouvement cubiste fut bref, mais il influença grandement l’art moderne dans toutes ses disciplines, et partout dans le monde. Né en France, le cubisme se diffusa bien vite en Europe et notamment à Prague entre 1910 et 1914 avec les cubistes tchèques, dont le chef de fil était Alfons Mucha. Mais il rencontra également du succès aux Etats-Unis dès 1913 suite à une exposition de peinture de Jacques Villon, frère de Marcel Duchamp.

III – Les principaux représentants du cubisme en peinture

1. Georges Braque

Bien que Pablo Picasso soit communément considéré comme le père du cubisme, en réalité ce mouvement artistique ne serait pas né sans Georges Braque.

Ce fils d’un artisan-décorateur apprit très tôt la technique du trompe-l’œil avec son père. Jeune homme, il étudia la peinture à l’Académie Hubert de Paris et fut marqué par les fauvistes. Sa rencontre avec Pablo Picasso en 1907 l’amena à poser, avec son nouvel ami, les bases du cubisme. Il stoppa ses recherches en 1914, lorsqu’il fut appelé pour servir sous les drapeaux.

A son retour de guerre, Georges Braque continua à peindre, tirant ses enseignements du cubisme mais faisant évoluer son style. Parmi ses œuvres cubistes les plus reconnues aujourd’hui, on retrouve par exemple Le Viaduc à l’Estaque (1908), Maisons à l’Estaque (1908), Violon et bougie (1910) ou encore Compotier et cartes (1913).

2. Pablo Picasso

Pablo Picasso est, aux côtés de Georges Braque, le co-fondateur du mouvement cubiste. Né en Andalousie, Pablo Picasso apprit très tôt le dessin et la peinture, grâce à son père qui lui-même était peintre. Il étudia les beaux-arts à Barcelone puis, en 1904, partit à Paris où il rencontra de nombreux écrivains, poètes et artistes, dont Max Jacob, Guillaume Apollinaire ou encore Matisse. Fortement inspiré par les œuvres de Paul Cézanne, Picasso peignit en 1907 son chef-d’œuvre Les Demoiselles d’Avignon. Ce tableau fut un véritable coup de cœur pour Georges Braque, avec lequel Picasso se lia d’amitié.

Pablo Picasso peignit ses principaux chefs-d’œuvre cubistes avant 1914, date à laquelle s’arrêta sa collaboration avec Georges Braque. Durant la Première Guerre Mondiale, il changea radicalement de style artistique, retournant vers la peinture classique. Ce n’est que dans les années 1950 que le peintre espagnol revint à ses premières amours, le cubisme, à travers cette fois la sculpture.

Parmi les œuvres les plus célèbres de Pablo Picasso, on peut citer Le Guitariste (1910), Guernica (1937), Portrait de Dora Maar (1937) ou encore La femme qui pleure (1937).

3. Juan Gris

Juan Gris est un peintre espagnol qui joua lui aussi un rôle prépondérant dans la diffusion du cubisme. Né à Madrid, il emménagea à Paris en 1907 et exerça le métier de dessinateur publicitaire. Son atelier était alors situé à Montmartre, non loin de ceux de Georges Braque et Pablo Picasso. Dès 1907, Juan Gris s’intéressa aux œuvres cubistes, toutefois ses propres peintures restaient dans le style naturaliste.

Ce ne fut qu’en 1911 que Juan Gris s’essaya à la peinture cubiste. Décidé à se lancer dans ce style avec un maximum de recul, il étudia lui-même les œuvres et techniques de Paul Cézanne puis construisit sa propre méthode cubiste.

Grâce à ses études poussées et son style particulier hérité du dessin de publicité, Juan Gris apporta sa touche personnelle au mouvement cubiste qui était alors dans sa phase analytique. Il réintroduisit des couleurs vives et facilita la lecture des œuvres pour le lecteur, grâce à des formes plus claires et précises. C’est donc en grande partie grâce à lui que le cubisme put évoluer vers la phase suivante, le cubisme synthétique.

Parmi les œuvres les plus représentatives de Juan Gris, on peut citer Guitare et tuyaux (1913), Le Petit déjeuner (1914) ou encore Guitare et compotier sur une table (1918).

4. Albert Gleizes

Albert Gleizes est né à Paris. Son père était artisan-décorateur et lui apprit très tôt les ficelles du métier. Plus tard, Albert Gleizes se passionna pour l’impressionnisme et se forma en autodidacte à la peinture. En 1903 puis en 1904, ses toiles furent exposées au Salon d’Automne à Paris. En 1908, il rencontra Jean Metzinger et Robert Delaunay qui l’initièrent au mouvement cubiste. Albert Gleizes fit évoluer son style, se tournant de plus en plus vers des toiles colorées aux formes géométriques.

Il rencontra ensuite Fernand Léger, puis Pablo Picasso. En 1912, il participa à la rédaction du premier manifeste sur le cubisme, Du cubisme. Appelé sous les drapeaux, Albert Gleizes se rendit à Toul où il passa un an, avant de s’envoler pour New York. Il ne rentra en France qu’après la guerre.

On peut citer Les Baigneuses (1912) ou encore Paysage cubiste (1914) parmi les œuvres les plus représentatives d’Albert Gleizes.

5. Jean Metzinger

Originaire de Nantes, Jean Metzinger déménagea à Paris à l’âge de vingt ans afin de se lancer dans une carrière artistique. Il y rencontra Georges Braque et Pablo Picasso, qui eurent une profonde influence sur son art. Jean Metzinger adopta alors un style cubiste et participa en 1911 à la première exposition du cubisme aux côtés d’Albert Gleizes, Robert Delaunay et Fernand Léger. Egalement critique, poète et essayiste, Jean Metzinger rédigea avec Albert Gleizes le manifeste du cubisme paru en 1912.

Le Goûter (1911), La Tasse de thé (1929) ou encore Joueuses de cartes (1947) sont des œuvres très représentatives du style de Jean Metzinger.

6. Robert et Sonia Delaunay

Sonia et Robert Delaunay sont considérés comme les chefs de file du cubisme orphique. Né à Paris en 1885, Robert Delaunay rêva très tôt de devenir artiste. Il commença à peindre en 1904, influencé par les œuvres de Paul Gauguin, Paul Cézanne, Henri Matisse et le courant fauviste.

C’est en 1909 qu’il rencontra Sonia Terk, également peintre, qu’il épousa très vite. Les deux artistes travaillèrent dès lors ensemble et inventèrent le simultanéisme, un courant artistique basé sur le contraste des couleurs, qui par la suite influença les domaines de la mode et de la décoration.

Les œuvres les plus célèbres de Robert Delaunay sont la série Fenêtres (1912-1913) et La Tour Eiffel (1926). Parmi les œuvres les plus représentatives de Sonia Delaunay, on compte Prismes électriques (1913) ou encore Rythme couleur (1959-1960).

7. Fernand Léger

Né à Argentan, Fernand Léger se forma en architecture à Caen, puis en peinture à Paris, où il travaillait en parallèle dans un atelier de photographie. Il commença à peindre dans un style impressionniste, puis il découvrit les œuvres de Paul Cézanne en 1907. Son travail prit une nouvelle direction et Fernand Léger étudia les volumes sur la toile. En 1909, l’artiste s’installa à Montparnasse, où il rencontra Robert Delaunay, Max Jacob et Marc Chagall. Il découvrit aussi les œuvres cubistes de Georges Braque et Pablo Picasso.

Fernand Léger arrêta de peindre durant la guerre, puis reprit, explorant dans ses œuvres les liens entre l’homme et la machine. Ses œuvres sont reconnaissables par son usage limité de couleurs, qui sont souvent les trois couleurs primaires et éventuellement des couleurs complémentaires. L’acrobate et sa partenaire (1948), La Grande parade (1954) ou Deux femmes tenant des fleurs (1954) sont des œuvres très représentatives de son style unique.