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Qu’est-ce que le cubisme ? đŸŸ„

Novateur et rĂ©volutionnaire, le cubisme a fortement influencĂ© l’art moderne en ouvrant la voie Ă  l’art abstrait, mais pas seulement. Ce courant artistique eut des rĂ©percussions importantes aussi dans la littĂ©rature, dans la mode et dans la dĂ©coration. Quand on parle de cubisme, on pense avant tout Ă  Pablo Picasso. Et pourtant, l’artiste espagnol ne fut pas le seul crĂ©ateur du mouvement


I – Qu’est-ce que le cubisme ?

1. Le principe du cubisme

Apparu au tout dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, le cubisme n’est pas considĂ©rĂ©, contrairement aux idĂ©es reçues, comme un art abstrait. Bien au contraire, les peintres cubistes peignent le rĂ©el. Ils s’inspirent des scĂšnes, personnages et objets de leur quotidien.

Si le cubisme fut aussi novateur, c’est parce qu’il brisa les codes de l’art classique en prĂŽnant une maniĂšre inĂ©dite de reprĂ©senter cette rĂ©alitĂ©. Le cubisme consiste en effet Ă  dĂ©construire la rĂ©alitĂ© jusqu’à aller au-delĂ  d’une reprĂ©sentation en trois dimensions. Les artistes cubistes avaient pour ambition de reprĂ©senter le rĂ©el en quatre dimensions. Ainsi, chaque Ɠuvre cubiste englobe une pluralitĂ© de points de vue d’un mĂȘme sujet. Cette idĂ©e est notamment flagrante dans les portraits de Pablo Picasso, comme par exemple Marie-ThĂ©rĂšse avec une guirlande (1937) qui reprĂ©sente Marie-ThĂ©rĂšse Walter, l’une des compagnes de l’artiste, Ă  la fois vue de face et vue de profil.

Le cubisme apparut avant tout grĂące aux recherches de Georges Braque et Pablo Picasso. Les deux artistes souhaitaient reprĂ©senter le rĂ©el en quatre dimensions et ils furent amenĂ©s, dans ce but, Ă  explorer l’utilisation des formes gĂ©omĂ©triques. En effet, les formes gĂ©omĂ©triques leur permirent de donner des effets de volume et de perspective Ă  une toile pourtant plane, oĂč la perspective classique n’existe plus. Guillaume Apollinaire disait que le cubisme « n’est pas un art d’imitation mais un art de conception qui tend Ă  s’élever jusqu’à la crĂ©ation ». Georges Braque et Pablo Picasso prenaient une scĂšne rĂ©elle, la dĂ©structuraient puis la conceptualisaient sur la toile Ă  l’aide de triangles, de cercles, de carrĂ©s et de rectangles.

Pour les fervents dĂ©fenseurs d’un art classique, le cubisme apparaĂźt schĂ©matisĂ© et simpliste. Mais cet art est bien plus que cela : les formes gĂ©omĂ©triques ne sont pas lĂ  pour simplifier les traits mais elles sont lĂ  pour appuyer, par une technique nouvelle et avant-gardiste, les effets de perspective et la multiplication des points de vue.

Ainsi, le cubisme n’est pas un mouvement abstrait mais bel et bien figuratif, dans lequel les artistes cherchaient Ă  montrer une perspective en quatre dimensions que l’on ne perçoit pas dans la rĂ©alitĂ©.

2. D’oĂč vient le terme « cubisme » ?

En 1906, il n’existait pas encore de terme acceptĂ© pour dĂ©signer le mouvement artistique initiĂ© par Georges Braque et Pablo Picasso. Dans son article intitulĂ© Les Artistes indĂ©pendants, le critique d’art Louis Chassevent tenta d’expliquer les Ɠuvres du peintre cubiste Jean Metzinger avec ces mots : « un mosaĂŻste comme [Paul] Signac, mais il est plus prĂ©cis dans sa dĂ©coupe des cubes de couleurs, qui semblent avoir Ă©tĂ© fabriquĂ©s par une machine ».

Ce n’est qu’en 1907 qu’apparut le nĂ©ologisme « cubisme » et, par extension, le terme « cubiste ». C’est le peintre, poĂšte et Ă©crivain Max Jacob qui l’utilisa pour la premiĂšre fois, lors d’une rĂ©union qu’il tenait en compagnie de Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin. L’annĂ©e suivante, le peintre Henri Matisse utilisa Ă  nouveau ce terme pour dĂ©crire le tableau de Georges Braque : Maisons Ă  l’Estaque. Puis le critique d’art Louis Vauxcelles le reprit dans ses articles.

En 1911 eut lieu à Bruxelles la premiÚre exposition cubiste internationale, le Salon des Indépendants. Guillaume Apollinaire rédigea la préface du catalogue et dans celle-ci, il accepta officiellement le nom « cubiste » qui avait été donné au courant artistique nouveau porté par Pablo Picasso, Georges Braque, Albert Gleizes, Robert Delaunay, Jean Metzinger et Fernand Léger, entre autres.

En 1912 sortit le tout premier manifeste du mouvement écrit par Jean Metzinger et Albert Gleizes, Du Cubisme, suivi en 1913 de Les peintres cubistes. Méditations esthétiques de Guillaume Apollinaire.

II – Une brùve histoire du cubisme

1. Les origines du cubisme

Le mouvement artistique cubiste a deux principales sources d’influence : les travaux de l’artiste français Paul CĂ©zanne et l’art africain.

En effet, dĂšs la seconde moitiĂ© du XIXĂšme siĂšcle, l’impressionniste Paul CĂ©zanne cherchait dĂ©jĂ  Ă  dĂ©construire la rĂ©alitĂ© afin de la reprĂ©senter conceptualisĂ©e. Dans les derniĂšres annĂ©es de sa vie, le peintre français utilisait des formes gĂ©omĂ©triques pour peindre des paysages de nature, comme dans Mont Sainte-Victoire (1904) et Sous-bois devant les grottes au-dessus du ChĂąteau-Noir (1904). Georges Braque et Pablo Picasso se fascinĂšrent pour les travaux de CĂ©zanne et ceux-ci influencĂšrent Ă©normĂ©ment leurs recherches en direction du cubisme.

D’ailleurs, Paul CĂ©zanne avait dĂ©jĂ  posĂ© les premiers principes du cubisme dans une lettre adressĂ©e Ă  l’artiste Emile Bernard en avril 1904. Il y Ă©crivait : « Traitez la nature par le cylindre, la sphĂšre, le cĂŽne, le tout mis en perspective. Que chaque cĂŽtĂ© d’un objet, d’un plan, se dirige vers le point central ». Par cette phrase, il Ă©voquait dĂ©jĂ  la reprĂ©sentation d’un objet par la multiplication de ses points de vue sur un mĂȘme plan !

L’art africain avait quant Ă  lui fait son entrĂ©e dans l’art occidental dĂšs la fin du XXĂšme siĂšcle, grĂące Ă  des artistes comme Henri Matisse ou Paul Gauguin. Pablo Picasso s’intĂ©ressa alors lui-mĂȘme Ă  l’art africain et notamment aux sculptures et masques de l’art primitif. Les masques africains, notamment, Ă©voquaient un visage humain sans lui en donner les traits prĂ©cis, grĂące Ă  l’utilisation de formes gĂ©omĂ©triques simples. Cette vision nouvelle de l’art influença considĂ©rablement Georges Braque et Pablo Picasso au dĂ©but de leurs travaux.

2. La collaboration entre Georges Braque et Pablo Picasso

DĂšs 1906, Pablo Picasso suivit les prĂ©ceptes de Paul CĂ©zanne, qu’il admirait (« Traitez la nature par le cylindre, la sphĂšre, le cĂŽne, le tout mis en perspective »). Il eut l’idĂ©e de peindre les prostituĂ©es de la Rue d’Avignon Ă  Barcelone, en utilisant ce principe de perspective gĂ©omĂ©trique. En 1907, l’artiste encore trĂšs peu connu rĂ©alisa ce qui restera l’un de ses plus grands chefs-d’Ɠuvre, Les Demoiselles d’Avignon.

C’est aussi en 1907 que Guillaume Apollinaire lui prĂ©senta Georges Braque, lui aussi peintre. Georges Braque s’invita dans l’atelier de Pablo Picasso et y dĂ©couvrit ses Demoiselles d’Avignon, qui fut pour lui un vĂ©ritable coup de cƓur. Braque invita Ă  son tour Picasso dans son atelier et lui montra ses peintures donc le Viaduc Ă  l’Estaque, elle aussi inspirĂ©e des Ɠuvres de Paul CĂ©zanne.

A partir de ce moment-là commença entre les deux artistes une amitié sincÚre et une collaboration artistique. Georges Braque et Pablo Picasso menÚrent ensemble de longues recherches sur la maniÚre de représenter la perspective sur une toile en deux dimensions, en intégrant toutes les facettes du sujet.

Au fil de ces recherches, les deux peintres posĂšrent les bases du cubisme, mouvement qui fut rapidement repris par d’autres artistes. Ce courant artistique nĂ© de leur collaboration marqua dĂ©finitivement l’histoire de l’art : en crĂ©ant une rupture radicale avec la peinture classique (qui, par exemple, mettait la perspective au centre du travail de l’artiste), ils ouvrirent la voie Ă  la peinture abstraite.

3. Les différentes phases du mouvement cubiste

Le mouvement artistique du cubisme Ă©volua en plusieurs phases. La premiĂšre est appelĂ©e « cubisme cĂ©zannien ». Entre 1907 et 1910, les Ɠuvres cubistes produites Ă©taient directement influencĂ©es par les Ɠuvres de CĂ©zanne. Cette phase du mouvement cubiste se distingue par des formes simplifiĂ©es, des formes volumineuses, beaucoup d’angles marquĂ©s et de couleurs.

Les Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso est l’Ɠuvre la plus connue du cubisme cĂ©zannien. Aujourd’hui exposĂ© au MoMA de New York, ce chef-d’Ɠuvre est considĂ©rĂ© par beaucoup comme la premiĂšre Ɠuvre cubiste, bien que d’autres soutiennent qu’il s’agit plutĂŽt de l’Ɠuvre de Georges Braque Les Maisons de l’Estaque (1908). Le Grand Nu de Georges Braque, rĂ©alisĂ© entre 1907 et 1908, est un autre bon exemple de cubisme cĂ©zannien, puisqu’il est directement inspirĂ© des Baigneurs de Paul CĂ©zanne.

La seconde phase du mouvement cubiste est appelĂ©e « cubisme analytique ». A partir de 1910 et jusqu’en 1912 environ, Georges Braque et Pablo Picasso cherchĂšrent Ă  dĂ©composer leurs sujets en les reprĂ©sentant sous toutes les facettes possibles. GrĂące Ă  l’hĂ©ritage du cubisme cĂ©zannien, les peintres cubistes continuaient Ă  n’utiliser dans leurs Ɠuvres que des formes gĂ©omĂ©triques : « le cylindre, la sphĂšre, le cĂŽne ». Mais avec le cubisme analytique, ils introduisirent aussi la recherche d’une reprĂ©sentation multi-facettes. Georges Braque et Pablo Picasso peignaient beaucoup de personnages durant cette pĂ©riode : ceux-ci Ă©taient reprĂ©sentĂ©s de face, de profil et de trois-quarts tout Ă  la fois, afin que le spectateur puisse le voir sous tous les angles possibles.

Par rapport au cubisme cĂ©zannien, le cubisme analytique est aujourd’hui considĂ©rĂ© comme plus hermĂ©tique du point de vue du spectateur. Les Ɠuvres cubistes analytiques Ă©taient souvent monochromes, rendant leur lecture assez difficile. Par exemple, dans La jeune fille Ă  la mandoline de Pablo Picasso (1912), le sujet est dĂ©composĂ© en formes gĂ©omĂ©triques mais le fond l’est aussi : les deux se confondent alors. A cette Ă©poque, la collaboration entre Georges Braque et Pablo Picasso Ă©tait Ă  son apogĂ©e : parfois, les artistes ne signaient pas leurs toiles afin que l’on ne puisse pas savoir qui l’avait peinte.

La troisiĂšme phase du mouvement cubiste est appelĂ©e « cubisme synthĂ©tique ». Elle se prolongea jusqu’en 1914, annĂ©e oĂč l’appel sous les drapeaux de Braque mit fin Ă  sa collaboration avec Picasso. Le cubisme synthĂ©tique se dĂ©finit par un retour Ă  l’utilisation de couleurs vives et variĂ©es. Aussi, les deux artistes explorĂšrent le cubisme un peu plus en profondeur, mettant en pratique leurs recherches des prĂ©cĂ©dentes phases. Ils s’éloignĂšrent de la peinture pour s’intĂ©resser Ă  d’autres moyens artistiques comme par exemple le papier collĂ© ou le collage.

L’une des plus cĂ©lĂšbres Ɠuvres du cubisme synthĂ©tique est le collage Nature morte Ă  la chaise cannĂ©e de Pablo Picasso (1912). Ce chef-d’Ɠuvre eut des rĂ©percussions Ă©normes sur l’art moderne. Il aurait notamment influencĂ© le surrĂ©alisme, le dadaĂŻsme et le ready-made de Marcel Duchamp. On peut Ă©galement citer La clarinette de Georges Braque (1912).

AprĂšs l’arrĂȘt de la collaboration entre Georges Braque et Pablo Picasso, ce dernier se dĂ©sintĂ©ressa du mouvement cubiste. Cependant, d’autres artistes prirent son relais, notamment Robert et Sonia Delaunay. Ceux-ci sont aujourd’hui considĂ©rĂ©s comme les chefs de file de la quatriĂšme et derniĂšre phase du cubisme, appelĂ©e « cubisme orphique ». Par rapport aux trois phases prĂ©cĂ©dentes, celle-ci rapproche le cubisme de l’art abstrait, grĂące Ă  une utilisation beaucoup plus libre des couleurs et des formes. Tandis qu’auparavant, les artistes cubistes prenaient un sujet et le dĂ©composaient en formes gĂ©omĂ©triques reprĂ©sentant toutes ses facettes, le cubisme orphique prit la dĂ©marche Ă  l’envers. L’artiste prenait les formes gĂ©omĂ©triques telles qu’elles Ă©taient et de les posait ensuite harmonieusement sur la toile dans le but de provoquer une Ă©motion chez le spectateur. En mettant en avant l’émotion dĂ©gagĂ©e par les formes avant le sujet du tableau, le cubisme orphique ouvrit la voie Ă  l’art abstrait moderne.

Les Ɠuvres les plus connues en cubisme orphique sont celles de Sonia et Robert Delaunay, qui Ă©taient gĂ©nĂ©ralement composĂ©es de formes circulaires de couleurs vives.

4. Le cubisme dans les autres disciplines artistiques

Le cubisme n’a pas seulement existĂ© en peinture. Des sculpteurs, des Ă©crivains, des poĂštes et mĂȘme des architectes ont ensuite repris les idĂ©es de la peinture cubiste. En littĂ©rature, l’une des figures majeures du cubisme est Guillaume Apollinaire, qui dĂšs les annĂ©es 1910 rĂ©volutionnait la poĂ©sie avec ses calligrammes. En sculpture, les artistes cubistes les plus importants furent Pablo Picasso, Henri Laurens et Jacques Lipchitz.

Le mouvement cubiste fut bref, mais il influença grandement l’art moderne dans toutes ses disciplines, et partout dans le monde. NĂ© en France, le cubisme se diffusa bien vite en Europe et notamment Ă  Prague entre 1910 et 1914 avec les cubistes tchĂšques, dont le chef de fil Ă©tait Alfons Mucha. Mais il rencontra Ă©galement du succĂšs aux Etats-Unis dĂšs 1913 suite Ă  une exposition de peinture de Jacques Villon, frĂšre de Marcel Duchamp.

III – Les principaux reprĂ©sentants du cubisme en peinture

1. Georges Braque

Bien que Pablo Picasso soit communément considéré comme le pÚre du cubisme, en réalité ce mouvement artistique ne serait pas né sans Georges Braque.

Ce fils d’un artisan-dĂ©corateur apprit trĂšs tĂŽt la technique du trompe-l’Ɠil avec son pĂšre. Jeune homme, il Ă©tudia la peinture Ă  l’AcadĂ©mie Hubert de Paris et fut marquĂ© par les fauvistes. Sa rencontre avec Pablo Picasso en 1907 l’amena Ă  poser, avec son nouvel ami, les bases du cubisme. Il stoppa ses recherches en 1914, lorsqu’il fut appelĂ© pour servir sous les drapeaux.

A son retour de guerre, Georges Braque continua Ă  peindre, tirant ses enseignements du cubisme mais faisant Ă©voluer son style. Parmi ses Ɠuvres cubistes les plus reconnues aujourd’hui, on retrouve par exemple Le Viaduc Ă  l’Estaque (1908), Maisons Ă  l’Estaque (1908), Violon et bougie (1910) ou encore Compotier et cartes (1913).

2. Pablo Picasso

Pablo Picasso est, aux cĂŽtĂ©s de Georges Braque, le co-fondateur du mouvement cubiste. NĂ© en Andalousie, Pablo Picasso apprit trĂšs tĂŽt le dessin et la peinture, grĂące Ă  son pĂšre qui lui-mĂȘme Ă©tait peintre. Il Ă©tudia les beaux-arts Ă  Barcelone puis, en 1904, partit Ă  Paris oĂč il rencontra de nombreux Ă©crivains, poĂštes et artistes, dont Max Jacob, Guillaume Apollinaire ou encore Matisse. Fortement inspirĂ© par les Ɠuvres de Paul CĂ©zanne, Picasso peignit en 1907 son chef-d’Ɠuvre Les Demoiselles d’Avignon. Ce tableau fut un vĂ©ritable coup de cƓur pour Georges Braque, avec lequel Picasso se lia d’amitiĂ©.

Pablo Picasso peignit ses principaux chefs-d’Ɠuvre cubistes avant 1914, date Ă  laquelle s’arrĂȘta sa collaboration avec Georges Braque. Durant la PremiĂšre Guerre Mondiale, il changea radicalement de style artistique, retournant vers la peinture classique. Ce n’est que dans les annĂ©es 1950 que le peintre espagnol revint Ă  ses premiĂšres amours, le cubisme, Ă  travers cette fois la sculpture.

Parmi les Ɠuvres les plus cĂ©lĂšbres de Pablo Picasso, on peut citer Le Guitariste (1910), Guernica (1937), Portrait de Dora Maar (1937) ou encore La femme qui pleure (1937).

3. Juan Gris

Juan Gris est un peintre espagnol qui joua lui aussi un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant dans la diffusion du cubisme. NĂ© Ă  Madrid, il emmĂ©nagea Ă  Paris en 1907 et exerça le mĂ©tier de dessinateur publicitaire. Son atelier Ă©tait alors situĂ© Ă  Montmartre, non loin de ceux de Georges Braque et Pablo Picasso. DĂšs 1907, Juan Gris s’intĂ©ressa aux Ɠuvres cubistes, toutefois ses propres peintures restaient dans le style naturaliste.

Ce ne fut qu’en 1911 que Juan Gris s’essaya Ă  la peinture cubiste. DĂ©cidĂ© Ă  se lancer dans ce style avec un maximum de recul, il Ă©tudia lui-mĂȘme les Ɠuvres et techniques de Paul CĂ©zanne puis construisit sa propre mĂ©thode cubiste.

GrĂące Ă  ses Ă©tudes poussĂ©es et son style particulier hĂ©ritĂ© du dessin de publicitĂ©, Juan Gris apporta sa touche personnelle au mouvement cubiste qui Ă©tait alors dans sa phase analytique. Il rĂ©introduisit des couleurs vives et facilita la lecture des Ɠuvres pour le lecteur, grĂące Ă  des formes plus claires et prĂ©cises. C’est donc en grande partie grĂące Ă  lui que le cubisme put Ă©voluer vers la phase suivante, le cubisme synthĂ©tique.

Parmi les Ɠuvres les plus reprĂ©sentatives de Juan Gris, on peut citer Guitare et tuyaux (1913), Le Petit dĂ©jeuner (1914) ou encore Guitare et compotier sur une table (1918).

4. Albert Gleizes

Albert Gleizes est nĂ© Ă  Paris. Son pĂšre Ă©tait artisan-dĂ©corateur et lui apprit trĂšs tĂŽt les ficelles du mĂ©tier. Plus tard, Albert Gleizes se passionna pour l’impressionnisme et se forma en autodidacte Ă  la peinture. En 1903 puis en 1904, ses toiles furent exposĂ©es au Salon d’Automne Ă  Paris. En 1908, il rencontra Jean Metzinger et Robert Delaunay qui l’initiĂšrent au mouvement cubiste. Albert Gleizes fit Ă©voluer son style, se tournant de plus en plus vers des toiles colorĂ©es aux formes gĂ©omĂ©triques.

Il rencontra ensuite Fernand LĂ©ger, puis Pablo Picasso. En 1912, il participa Ă  la rĂ©daction du premier manifeste sur le cubisme, Du cubisme. AppelĂ© sous les drapeaux, Albert Gleizes se rendit Ă  Toul oĂč il passa un an, avant de s’envoler pour New York. Il ne rentra en France qu’aprĂšs la guerre.

On peut citer Les Baigneuses (1912) ou encore Paysage cubiste (1914) parmi les Ɠuvres les plus reprĂ©sentatives d’Albert Gleizes.

5. Jean Metzinger

Originaire de Nantes, Jean Metzinger dĂ©mĂ©nagea Ă  Paris Ă  l’ñge de vingt ans afin de se lancer dans une carriĂšre artistique. Il y rencontra Georges Braque et Pablo Picasso, qui eurent une profonde influence sur son art. Jean Metzinger adopta alors un style cubiste et participa en 1911 Ă  la premiĂšre exposition du cubisme aux cĂŽtĂ©s d’Albert Gleizes, Robert Delaunay et Fernand LĂ©ger. Egalement critique, poĂšte et essayiste, Jean Metzinger rĂ©digea avec Albert Gleizes le manifeste du cubisme paru en 1912.

Le GoĂ»ter (1911), La Tasse de thĂ© (1929) ou encore Joueuses de cartes (1947) sont des Ɠuvres trĂšs reprĂ©sentatives du style de Jean Metzinger.

6. Robert et Sonia Delaunay

Sonia et Robert Delaunay sont considĂ©rĂ©s comme les chefs de file du cubisme orphique. NĂ© Ă  Paris en 1885, Robert Delaunay rĂȘva trĂšs tĂŽt de devenir artiste. Il commença Ă  peindre en 1904, influencĂ© par les Ɠuvres de Paul Gauguin, Paul CĂ©zanne, Henri Matisse et le courant fauviste.

C’est en 1909 qu’il rencontra Sonia Terk, Ă©galement peintre, qu’il Ă©pousa trĂšs vite. Les deux artistes travaillĂšrent dĂšs lors ensemble et inventĂšrent le simultanĂ©isme, un courant artistique basĂ© sur le contraste des couleurs, qui par la suite influença les domaines de la mode et de la dĂ©coration.

Les Ɠuvres les plus cĂ©lĂšbres de Robert Delaunay sont la sĂ©rie FenĂȘtres (1912-1913) et La Tour Eiffel (1926). Parmi les Ɠuvres les plus reprĂ©sentatives de Sonia Delaunay, on compte Prismes Ă©lectriques (1913) ou encore Rythme couleur (1959-1960).

7. Fernand LĂ©ger

NĂ© Ă  Argentan, Fernand LĂ©ger se forma en architecture Ă  Caen, puis en peinture Ă  Paris, oĂč il travaillait en parallĂšle dans un atelier de photographie. Il commença Ă  peindre dans un style impressionniste, puis il dĂ©couvrit les Ɠuvres de Paul CĂ©zanne en 1907. Son travail prit une nouvelle direction et Fernand LĂ©ger Ă©tudia les volumes sur la toile. En 1909, l’artiste s’installa Ă  Montparnasse, oĂč il rencontra Robert Delaunay, Max Jacob et Marc Chagall. Il dĂ©couvrit aussi les Ɠuvres cubistes de Georges Braque et Pablo Picasso.

Fernand LĂ©ger arrĂȘta de peindre durant la guerre, puis reprit, explorant dans ses Ɠuvres les liens entre l’homme et la machine. Ses Ɠuvres sont reconnaissables par son usage limitĂ© de couleurs, qui sont souvent les trois couleurs primaires et Ă©ventuellement des couleurs complĂ©mentaires. L’acrobate et sa partenaire (1948), La Grande parade (1954) ou Deux femmes tenant des fleurs (1954) sont des Ɠuvres trĂšs reprĂ©sentatives de son style unique.